Votre équipe peut terminer la prochaine phase d’un projet en France en travaillant 48 heures chaque semaine. Aucune semaine ne dépasse cette limite, et le client est disposé à payer les heures supplémentaires. Pourtant, le programme peut encore enfreindre une autre restriction : la durée hebdomadaire moyenne du travail sur 12 semaines consécutives.

Pour un employeur qui envoie des techniciens ou des ouvriers du bâtiment en France, il s’agit d’une question d’affectation du personnel et d’exécution de la mission. Des semaines antérieures chargées peuvent laisser moins de latitude pour l’intervention suivante. Avant d’affecter les mêmes salariés à un programme prolongé, déterminez la moyenne applicable, calculez les périodes concernées et décidez s’il faut modifier le planning ou préparer une demande d’autorisation.

Ce guide concerne les salariés adultes relevant des règles générales de durée du travail du secteur privé. Les transports, l’agriculture, les jeunes travailleurs et les autres régimes particuliers nécessitent une évaluation distincte. La durée du travail et les repos compensateurs font partie des protections françaises applicables aux salariés détachés en vertu de l’article L.1262-4.

Vérifier la moyenne ainsi que chaque semaine prise séparément

L’article L.3121-22 fixe le maximum ordinaire à 44 heures par semaine en moyenne sur toute période de 12 semaines consécutives, sous réserve des exceptions prévues. Il s’agit d’un contrôle glissant, et non simplement d’un total trimestriel ou d’un calcul recommençant à chaque commande client.

La limite de 48 heures sur une semaine reste un contrôle distinct. À titre exceptionnel, ce plafond hebdomadaire peut être porté jusqu’à 60 heures par sa propre voie administrative. Il ne faut pas présumer qu’une autorisation pour une longue semaine couvre une moyenne excessive, et une autorisation de moyenne supérieure ne permet pas automatiquement une semaine dépassant 48 heures. La référence légale de 35 heures pour les heures supplémentaires est encore différente. Service Public, limites de durée du travail.

Utilisez le temps de travail effectif de chaque salarié. Un planning de roulement ou une facture client ne constitue pas nécessairement un relevé exact des heures travaillées. Déterminez le traitement des pauses, des déplacements, des astreintes et des absences selon les règles applicables avant de vous fier aux totaux. Ne compensez pas, dans une moyenne, les longues heures d’un salarié par la semaine plus courte d’un autre.

Voir comment une semaine supplémentaire modifie le résultat

Prenons l’exemple d’un salarié dont le relevé pertinent comprend six semaines à 40 heures, suivies de six semaines à 48 heures. Dans cet exemple, toutes les semaines se situent dans la mission française examinée et les heures correspondent à du travail effectif ; il ne résout pas la question du traitement du travail effectué auparavant à l’étranger.

Période glissante Heures prises en compte Total Moyenne hebdomadaire
Semaines 1–12 Six semaines × 40 heures, puis six semaines × 48 heures 528 heures 44 heures
Semaines 2–13, si la semaine 13 est de 48 heures Cinq semaines × 40 heures, puis sept semaines × 48 heures 536 heures 44 heures 40 minutes
Semaines 2–13, si la semaine 13 est plutôt de 40 heures Cinq semaines × 40 heures, six semaines × 48 heures, puis 40 heures 528 heures 44 heures

À la deuxième ligne, la semaine 1 sort du calcul avec ses 40 heures, et la semaine 13 y entre avec ses 48 heures. Chaque semaine reste individuellement à 48 heures ou moins, mais la moyenne dépasse la limite ordinaire de 44 heures. Il faut une voie valable permettant cette moyenne, ou un planning différent.

La troisième ligne montre un ajustement possible pour cette fenêtre de calcul. Elle n’autorise pas à répéter indéfiniment le même schéma. Recalculez la fenêtre suivante à mesure que chaque semaine sort du relevé et y entre. La décision pratique peut consister à raccourcir certaines semaines, à déplacer des travaux vers une autre période ou à recourir à une équipe supplémentaire dont les propres horaires ont été vérifiés.

Déterminer si un accord permet déjà d’aller jusqu’à 46 heures

En vertu de l’article L.3121-23, une convention ou un accord collectif d’entreprise ou d’établissement ou, à défaut, un accord de branche peut permettre une moyenne supérieure à 44 heures, à condition qu’elle ne dépasse pas 46 heures sur 12 semaines.

Identifiez la disposition précise, son champ d’application et ses conditions. Une clause sur le paiement des heures supplémentaires, la programmation annuelle ou les horaires de fonctionnement du client n’est pas automatiquement une clause permettant ce maximum supérieur. Vérifiez quels salariés, activités et périodes elle couvre avant de construire le programme du projet sur cette base.

Pour un employeur étranger, les dispositions françaises de branche applicables et tout accord d’entreprise doivent être examinés au regard de sa situation réelle. Ne supposez pas que l’accord du client régit les salariés d’un sous-traitant, ou qu’un accord du pays d’origine fournit automatiquement le fondement juridique français. Clarifiez la disposition pertinente avant de demander une dérogation administrative qui pourrait être inutile.

En l’absence de cet accord, préparer la demande pour la moyenne proposée

L’article L.3121-24 prévoit une voie administrative lorsque l’accord décrit ci-dessus est absent, avec une moyenne maximale de 46 heures. Il s’agit d’une demande à examiner, et non d’un droit automatique à programmer 46 heures.

L’article R.3121-11 renvoie aux conditions de R.3121-10 : circonstances exceptionnelles entraînant temporairement un surcroît extraordinaire de travail, justifications, période demandée et avis du comité social et économique, le CSE, s’il existe. L’employeur adresse la demande à l’inspecteur du travail ; le directeur régional statue sur le rapport de l’inspecteur.

Expliquez pourquoi les heures supplémentaires sont nécessaires pendant la période concernée, en vous appuyant sur la séquence technique, les contraintes du site et les solutions de remplacement envisagées. La date de fin souhaitée par le client constitue un élément du projet, mais ne démontre pas à elle seule des circonstances exceptionnelles. Identifiez tôt la DREETS/DRIEETS concernée et l’interlocuteur territorial, surtout si plusieurs employeurs ou sites sont impliqués.

Au-delà de 46 heures, un autre fondement exceptionnel est nécessaire

L’article L.3121-25 permet des dispositions exceptionnelles dans certains secteurs, régions ou entreprises pour des périodes déterminées. Il ne transforme pas 46 heures en une moyenne librement accessible sur demande.

En vertu de R.3121-12, l’autorisation peut permettre une moyenne supérieure à 46 heures sur 12 semaines, répartir cette moyenne sur une période supérieure à 12 semaines, ou combiner les deux. La décision précise la modalité, l’ampleur et les autres conditions. Un employeur ne peut pas choisir une période de calcul plus longue simplement parce que cela rend son tableau conforme.

Il existe plusieurs voies de demande. Une demande concernant un secteur au niveau national est présentée par l’organisation d’employeurs concernée au ministre, conformément à R.3121-13. Une demande sectorielle locale, départementale ou interdépartementale est adressée au directeur régional, conformément à R.3121-14. Une entreprise couverte par une telle décision doit encore obtenir la décision de l’inspecteur sur son application, après avis du CSE s’il existe, conformément à R.3121-15.

Un employeur qui ne relève pas de ces décisions sectorielles peut demander une autorisation particulière pour des situations exceptionnelles propres à son entreprise. R.3121-16 exige une demande motivée, accompagnée de l’avis du CSE le cas échéant, adressée à l’inspecteur pour transmission au directeur régional, qui statue sur le rapport de l’inspecteur. Déterminez la voie adaptée avant de préparer le dossier.

Prévoir le temps nécessaire à la bonne décision

Depuis le 16 août 2026, R.3121-8 prévoit expressément un délai de réponse de 30 jours à compter de la réception pour les demandes fondées sur L.3121-21 et L.3121-25. Sa formulation ne cite pas expressément L.3121-24. La fiche Service Public sur la dérogation individuelle à la durée hebdomadaire moyenne indique séparément un délai de 30 jours au-delà duquel le silence vaut accord pour L.3121-24 ; sa fiche sur la dérogation exceptionnelle à la durée hebdomadaire moyenne indique également 30 jours pour la voie L.3121-25/R.3121-16.

Intégrez au programme la préparation, la consultation et les éventuelles informations manquantes avant ce délai administratif. Ne considérez pas le silence après un courriel informel comme une preuve suffisante pour commencer. Établissez la procédure applicable, le destinataire compétent, la réception, la complétude et la portée de toute décision implicite avant de vous y fier. Conservez un planning utilisable si l’autorisation n’est pas établie à temps.

Une autorisation peut aussi comporter des compensations qui affectent les affectations ultérieures du personnel. R.3121-9 permet des conditions telles qu’une moyenne ultérieure plus basse, des repos supplémentaires ou un maximum temporairement réduit. Lisez ces conditions avant d’affecter l’équipe à son prochain client. R.3121-8 prévoit aussi la révocation si les raisons ayant motivé l’autorisation disparaissent.

Préparer le calcul à partir de l’historique réel des salariés

Pour une équipe détachée, obtenez les informations de durée du travail nécessaires pour déterminer le relevé pertinent, y compris les missions antérieures lorsqu’elles peuvent influer sur l’évaluation. Ne saisissez pas automatiquement zéro pour chaque semaine précédant l’arrivée en France, et ne supposez pas qu’une nouvelle déclaration SIPSI remet le calcul à zéro.

Le traitement des périodes travaillées hors de France doit être établi au regard de la situation réelle de détachement et des règles applicables. Ce guide ne prescrit pas de méthode universelle pour inclure ou exclure ces heures. Si ce point modifie le caractère admissible du planning proposé, résolvez-le avec un conseil compétent en droit du travail ou l’autorité compétente avant d’utiliser le résultat. Des relevés manquants constituent une lacune à résoudre, et non une capacité disponible.

Préparez un dossier clair autour de la décision nécessaire :

  1. Employeur et périmètre : employeur juridique, signataire autorisé, sites, activités, salariés et dates demandées.
  2. Heures et calcul : semaines pertinentes enregistrées, heures proposées, totaux glissants, pauses et repos, avec identification des hypothèses.
  3. Voie juridique : accord applicable ou fondement administratif, y compris la portée de toute autorisation existante.
  4. Circonstances justificatives : raisons du surcroît de travail, période concernée, contraintes techniques et solutions de remplacement envisagées.
  5. Consultation et trace de la décision : avis du CSE requis le cas échéant, dépôt, réception, correspondance et décision invoquée.

Il s’agit d’un cadre pratique de préparation, adapté à la voie retenue. Ce n’est pas un formulaire officiel universel de demande. Pour un employeur étranger, clarifiez les modalités réelles de représentation du personnel plutôt que de remplacer la consultation requise par l’approbation du client.

Garder la moyenne cohérente avec le reste du projet

Vérifiez les limites quotidiennes et les repos, le maximum de chaque semaine et les éventuelles exigences de travail le dimanche ou de nuit, parallèlement à la moyenne. Les travailleurs de nuit ont leurs propres règles de durée moyenne : la voie générale de 44 à 46 heures ne doit pas s’y substituer. Consultez les guides sur le travail de nuit en France et le travail le dimanche sur un chantier en France lorsque ces organisations sont prévues.

Pendant l’exécution, comparez les heures réelles au programme autorisé ou convenu. Recalculez lorsqu’un arrêt d’installation se prolonge, qu’un salarié effectue des heures supplémentaires ou qu’une nouvelle mission est ajoutée. Conservez les éléments qui fondent le calcul ; modifier le planning futur n’efface pas un dépassement sur une période antérieure achevée.

Discuter du programme avant d’engager la même équipe

Indiquez à ALTALEO où les travaux auront lieu, les dates prévues et les horaires proposés. Nous pouvons vous aider à organiser la préparation administrative, à réunir le planning pertinent et les pièces justificatives, et à coordonner le suivi en français. Le périmètre et le devis dépendent de l’employeur, des sites, des périodes et des procédures concernés ; toute analyse juridique spécialisée ou demande distincte relative à la durée du travail est identifiée avant de convenir de la mission.

Vous n’avez pas besoin d’un dossier de demande complet pour le premier échange. La prochaine étape utile peut être un ajustement du planning, la clarification d’un accord existant ou la préparation d’une demande précise.

Échangez avec ALTALEO sur votre mission en France et vos besoins en matière d’horaires de travail.

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